Fruit d’une collaboration entre des chercheurs de l’unité INSERM U1139 (3PHM) de l’Université de Paris, Faculté de Pharmacie, et le Pôle Risques de l’Université de Caen Normandie, cette étude démontre que le glyphosate passe à à travers le placenta humain. Par ailleurs, le Roundup, pesticide largement utilisé dont le principe actif déclaré est le glyphosate, contient un ensemble de toxiques à base d’hydrocarbures oxydés et de métaux lourds. Ce sont ces composés et non le glyphosate qui altèrent sérieusement l’intégrité du placenta, causant des dommages vasculaires, entre autres. Ces polluants ne sont ni déclarés ni testés par l’industriel pour l’autorisation de l’utilisation du Roundup dans l’environnement. L’autorisation est donc basée sur le glyphosate seul et non sur l’ensemble Roundup qui est beaucoup plus toxique. Ceci pourrait expliquer des problèmes de grossesse ou de malformations à la naissance, ce pesticide étant le plus commercialisé dans le monde et omniprésent dans la chaîne alimentaire. Le débat sur le glyphosate seul est donc insuffisant pour expliquer la toxicité du pesticide.
Lettre collective du CREPPA, de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement, de Vigilance OGM, de Victimes des pesticides du Québec, de l’Union paysanne, de la Fondation David Suzuki, de la Coopérative pour l’agriculture de proximité écologique (CAPÉ), du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec et de Louise Hénault-Éthier parue le 10 juin 2021 dans la page Idées du journal le Devoir.
« Santé Canada prétend que son principal objectif est de « prévenir et réduire les risques pour la santé individuelle et pour l’ensemble de l’environnement ». Or, quand l’Agence de réglementation et de lutte antiparasitaire (ARLA), relevant de Santé Canada, autorise trois insecticides néonicotinoïdes, interdits et bannis en Europe depuis 2018, quand l’ARLA propose de supprimer la réglementation sur certains « nouveaux » OGM issus de l’édition du génome sans aucune justification scientifique, laissant alors l’industrie juge et partie, et quand elle propose — pour des raisons commerciales — de doubler voire de quadrupler les seuils de résidus de glyphosate dans certains produits alimentaires de base, force est de constater que Santé Canada ne répond ni à son mandat ni à ce que la population est en droit de s’attendre de la part d’un gouvernement fédéral responsable. »
Cette affirmation est le fil conducteur de l’engagement indéfectible et inébranlable de Corinne Lepage et Christian Huglo qui, durant cinquante ans, ont oeuvré à l’avènement d’un droit de l’environnement capable de se dresser contre les puissances économiques enclines à tout sacrifier au nom d’intérêts particuliers.
Les cinquante affaires exposées ici montrent comment, grâce à l’action des juges, à l’ingéniosité des avocats, à l’implication des scientifiques venant au soutien de citoyens et d’élus locaux déterminés à se protéger des assauts de l’industrie, ce droit a pu s’imposer non seulement comme un véritable rempart, mais également comme un vecteur important d’innovation dans nos sociétés.
À l’heure où l’urgence climatique devrait habiter toutes les consciences, les auteurs nous rappellent à quel point il est plus que jamais fondamental de se mobiliser et de ne jamais renoncer, quels que soient les obstacles et vents contraires.
Suite à un projet de recherche du CREPPA en collaboration avec ETC Group et IPES_Food (International Panel of Experts on Sustainable Food Systems), le rapport A Long Food Movement: Transforming Food Systems by 2045 vient d’être publié.
Résumé
In 2021, those working to build food systems that are just, equitable, and operate within planetary boundaries have our work cut out for us. Climate change, biodiversity loss, and rapidly declining soil fertility are critically damaging the health of people and the planet, dislocating societies, and threatening food systems around the world. Five years into a global commitment to eliminate hunger by 2030, we have lost significant ground. In 2019, an estimated 690 million people were hungry and upwards of 2 billion lacked regular access to safe, nutritious, and sufficient food. This was before COVID-19 added approximately 130 million people to the world’s hungry, pushed uncounted millions more to the brink of hunger, and put one third of food and farming livelihoods at risk.
At the same time, the locus of power in food systems and the broader global economy is shifting at dizzying speed. In 2008, the world’s most powerful corporations drilled oil wells and traded stocks. Twelve years later, the world’s five corporate titans all deal in intangible data and have a market valuation that exceeds the GDP of entire continents. The new biodigital giants are now primed for the next step: unleashing big data and digital DNA into the world’s pharmacies, food markets, and financial systems. ‘Multi-stakeholderism’ is everywhere as corporations – sensing the social and environmental tipping points ahead – seek to draw governments, scientists and a handful of civil society organizations into an artificial new multilateralism.
Against this backdrop, we consider what food systems could look like by 2045 if (agri)business-as-usual is allowed to run its course. We also imagine what could happen if, instead, the initiative is reclaimed by civil society and social movements – from grassroots organizations to international NGOs, from farmers’ and fishers’ groups, to cooperatives and unions. We consider what this ‘Long Food Movement’ could achieve if it succeeds in thinking decades ahead, collaborating across sectors, scales, and strategic differences, working with governments and pressuring them to act, and transforming financial flows, governance structures, and food systems from the ground up
Bâillonnement de l’action militante, recours contre l’inaction de l’État ou simple allergie de la justice à la science : quels enjeux se cachent derrière ces constats ? Quels outils juridiques sont disponibles pour l’action militante ? Qu’a-t-on à gagner ou à perdre sur le terrain juridique ?
Le monde militant tout autant que celui de la recherche se trouvent de plus en plus confrontés à des questions ayant trait au droit. Parfois même s’opère une bascule de ces activités sur le terrain judiciaire, qu’il s’agisse d’attaques contre des individus et collectifs dans le but de les museler ou de l’entrée de plus en plus fréquente de débats scientifiques dans les procès. Mais la place du droit tend aussi à évoluer, puisque les mouvements revendicatifs commencent à s’emparer de ces outils contentieux pour faire valoir certains droits ou certains principes que la loi ne prend pas ou mal en compte.
L’objectif de ce cycle est d’échanger sur des outils, des expériences, des méthodes, des moyens permettant de faciliter les actions des mouvements sociaux et environnementaux à travers l’alliance avec des chercheurs engagés. Le partage des expériences passées contribuerait ainsi à la constitution d’un arsenal juridique dans lequel les militants et militantes d’aujourd’hui et de demain viendront piocher.
Programme et inscription: https://sciences-societes-democratie.org/16-mars-2021-la-science-sinvite-au-tribunal/
sur ses travaux de recherche et sur son dernier ouvrage « L’affaire Roundup à la lumière des Monsanto Papers ».
Rencontre animée par Pr. Louise Vandelac, Dép. de sociologie, Institut des sciences de l’environnement et CREPPA, Université du Québec à Montréal et par Pr. Frédérick Lemarchand, UFR de sociologie, Co-dir. Pôle Risques MRSH, Université de Caen Normandie.
Le 24 février 2021 de 9h30 à 11h30 (EST)
Sur inscription (Attention le nombre de places est limité, prière de vous inscrire rapidement) : https://zoom.us/meeting/register/tJwudOyoqTIuGN3cuRyWcpFCPLPuHj9ooIbs
Une enquête révélant comment la multinationale Monsanto a oeuvré pour discréditer le scientifique français G.-E. Séralini et faire disparaître son étude démontrant la toxicité du Roundup et des OGM qui lui sont associés. Un livre mettant en lumière les détournements de la réglementation supposée protéger les populations ainsi que la manière dont est organisé le dévoiement de la science, de la médecine et des pouvoirs publics.
Du 29 au 31 mai 2019, dans le cadre de l’ACFAS à Gatineau, se tiendra le colloque « Urgences planétaires, énergétiques et agroalimentaires: enjeux de recherches, de politiques et de démocratie« . Sous la direction de Louise Vandelac (UQAM) et Frédérick Lemarchand (Université de Caen), ce colloque qui réunira plus d’une vingtaine de conférenciers du Québec et de la France, vise à présenter une réflexion approfondie, autant sur le plan de la recherche, des politiques que sur les exigences de renouvellement démocratique des transitions énergétiques et agroalimentaires.